Boulimie Foncière à Mbane: 90 villages ont perdu leurs terres

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Tout a éclaté en 2009 lorsque le parti au pouvoir de l’époque PDS (Parti Démocratique Sénégalais) sous la houlette de l’ancien Président Abdoulaye Wade a perdu les élections locales à Mbane comme dans la plus part des localités du Sénégal.

Le Professeur Aliou DIACK soutenu par la coalition Benno Siggil Sénégal de l’époque (Opposition) a gagné les élections locales de Mbane, il s’en est suivi de vives contestations des deux camps.
L’opposition et le pouvoir se livrent à une guerre de décompte des bulletins de votes, depuis lors il fut important de se poser la question selon laquelle pourquoi tant d’importance attaché à la Communauté Rurale de Mbane par les hommes politiques ?
En premier lieu, le décompte des bulletins de votes était en faveur de Aliou DIACK, des tractations et des grincements de dents ont failli aboutir à des affrontements entre militants des deux partis. Quelques jours après la cour d’appel a tranché en faveur de Mamadou Ciré DIALLO dit Ndombo du PDS (Parti Démocratique Sénégalais) et candidat sortant. Une décision que Aliou DIACK et ses camarades ont refusé et dénoncé par des marches de contestations, des pétitions et autres formes, avant de saisir la Cour de Cassation, cette dernière procédera au décompte des bulletins de vote et déclara Aliou DIACK vainqueur des élections et Président de la Communauté Rural de Mbane.
Une fois installé Aliou DIACK (opposition) réuni les conseillers municipaux le 04 Juin 2011 pour le retrait des terres affectées à des sociétés agro-alimentaires et personnalités politiques ils sont au nombre de 53 en tout.
Les motifs avancés par le Président du Conseil Rural de l’époque Aliou DIACK sont :
-Considérant qu’un équilibre foncier est indispensable à rétablir, pour revenir à la surface réelle de 190.600 ha de la Communauté Rurale ;
-Considérant qu’au-delà de cet équilibre, il est nécessaire de créer une réserve foncière suffisante, pour satisfaire les nombreuses demandes dans l’agriculture et l’élevage, conformément au Plan d’Occupation et d’Aménagement des Sols (POAS);
-Considérant que la désaffectation des terres pour raison d’utilité publique, en vue de créer une disponibilité foncière pour les éleveurs et les agriculteurs, est justifiée et incontournable : Le Président sollicite le Conseil Rural, ce 04 juin 2011, pour délibérer sur la désaffectation des terres listées ci-dessous (Extraits des 3 Registres de délibération du Conseil Rural paraphés par les sous-préfets) –Pour les motifs susmentionnés, en vue de régulariser une situation foncière rendue fictivement excédentaire, recouvrer la superficie initiale de 190.600 hectares de la Communauté Rurale et en même temps créer les conditions d’une disponibilité et d’une redistribution conforme aux textes de loi des terres en zones de terroirs, au profit des populations et investisseurs ayant-droits.
La majorité a voté la décision mais le sous-préfet qui est sous l’autorité de l’Etat refuse de valider la décision du conseil municipal.
Ce qui bloque le vœu.
Quelques mois après le Ministre des collectivités locales de l’époque Aliou SOW envoie une délégation spéciale à Mbane et démet Aliou DIACK de ses fonctions de Président de Communauté Rurale suite à un décret Présidentiel.
Mais la délégation ne doit durer que six mois après on doit passer encore au vote, malheureusement jusqu’à présent Mbane est sous délégation spéciale ce qui est illégale devant la loi.
Le Nerf de la guerre est le foncier dont certains souhaitent la désaffectation des plus de 250.000 ha distribués illégalement mais dont les puissants propriétaires ne se sont jamais prononcés.
Une recherche effectuée sur le terrain dans plusieurs villages de la Communauté rurale de Mbane nous a permis de nous rendre visiblement compte d’une situation d’accaparement des terres excédentaire de cette localité.
Certaines industries agro-alimentaire ont déjà commencé à exploiter les surfaces qui leurs sont attribuées c’est le cas de la Société Vital qui occupe les terres du village de TEMEYE. Dans cette société si importante on interdit de prendre des images, ni d’enregistrer mais selon des ouvriers cette société à pour vocation de produire de l’huile d’éthanol et de l’herbe à Eléphant destiné à l’exportation.

De grosses installations sont visibles de loin derrière une piste latérite qui mène vers l’usine agro-alimentaire.
La surface exploitée s’aperçoit à perte de vue, une grande canalisation sert d’irrigation à partir du lac de guiers. Des ouvriers s’affairent à entrer dans un hangar qui mène vers les exploitations agricoles.
Après Temeye nos recherches nous conduisent plus loin au village de Ndiakhaye qui a aussi connu un accaparement accru des terres selon les paysans du dit village.
Une société indienne exploite ici des plantations de bananes, des carottes, et autres produits maraichers destinés à l’exportation. Dans un autre endroit de la même surface séparée par une route d’une dizaine de mètres ou passent surtout les animaux pour se rendre dans une marre proche d’ici qui sert d’abreuvoir.
Ici, les jeunes de la localité tel que Abdou SALL un de leur responsable et agriculteur de son état nous fait part de la situation de cette localité, selon lui ce périmètre exploitée par les indiens étaient destinées aux jeunes du village pour une exploitation collective.
Selon lui l’ancien Président de la Communauté Rurale Mamadou Ciré DIALLO a cédé ces terres aux indiens au détriment des jeunes qui sont contraint à aller travailler dans les villes tel que Richard Toll ou St Louis.
L’autre gravité constatée sur le terrain au village de Sanéte et environs est que des surfaces données à plusieurs personnes, ce qui a crée une confrontation grave entre populations et la gendarmerie d’intervenir en arrêtant une personne du nom de Ibrahima GUEYE avant de le libérer quelques jours après.
Au village de Koel, nous rencontrons le même cas Sogui Sow sort les papiers de son terrain donné à quelqu’un d’autre.

Les villageois nous montrent des bornes qui délimitent les terres des agro businessman ou hommes politiques et parfois un fait inédit des arbres peints en rouge par certaines personnes non encore identifiés sert de repères de délimitations des surfaces alors que ces arbres peuvent être abattus du jour au lendemain.

Yambaye SARR dans son champ de pastèque, ne compte pour rien au monde quitter cette parcelle nous confie t-il.
Les femmes de Mbane que nous avons rencontré en activité dans des jardins travaillent avec des moyens dérisoires.
La Présidente du Groupement Féminin de Mbane Ndéye BOH déplore les bonnes terres plus fertiles qui leurs sont prises. Selon elle les sociétés agro-alimentaire ont étudié les terres et ils ont laissés des surfaces salées aux femmes ce qui est une injustice qu’elle décrie.
Mme BOH donne la solution en demandant une redistribution des terres plus démocratique en tenant compte des populations et que les femmes aussi bénéficient de programmes agricoles de l’Etat.

Dans toutes les localités de la communauté rurale de Mbane, les terres qui se situent au bord du lac de guiers sont délivrés à des tiers au détriment des paysans, ce que ces derniers décrient.
Nous avons tentés d’entrer en contact avec les directions des sociétés qui s’activent sur place ou des personnes cités dans l’accaparement des terres mais personne ne veut s’exprimer sur le phénomène.
Une situation déplorable que vivent les populations de Mbane qui ne comprennent toujours pas le mutisme des autorités Etatique et pourtant selon ces dernières le Président de la République leur avait fait la promesse de les restituer leur terre une fois au pouvoir lors de sa campagne électorale en 2012.
Mais une fois au pouvoir le Président Macky SALL semble ignorer Mbane. Des membres de la société civile telle que des journalistes qui suivent de prés le cas de Mbane explique l’attitude du chef de l’Etat par les réalités du pouvoir qui semble le rattraper malgré ses promesses.
Des personnalités puissantes tapis dans l’ombre semblent être derrière l’accaparement des terres de Mbane et auront tout le temps nécessaire de traduire leurs actes de délibérations à des titres fonciers que personne ne pourra plus leur enlever.
La situation de Mbane peut constituer donc dans l’avenir une source de conflit regrettable entre paysans, hommes politique et agro businessman qui investissent la zone par tous les moyens.

Ibrahima CAMARA

3 responses to “Boulimie Foncière à Mbane: 90 villages ont perdu leurs terres

  1. L’accaparement des terres de la communauté Rurale de Mbane par les tenants du pouvoir et les agro-bisnes était la raison pour laquelle les populations avaient massivement voté pour la liste diriger par le Professeur Aliou DIACK , C’est aussi la véritable raison qui avait conduit le régime du Président WADE d’écarter les élus de la gestion des affaires de la communauté en mettant à leur place une délégation

    spécial,n’est-il pas aussi la raison du maitien de la situation par l’actuel régimes

  2. Lentreprise SENE-INDIA s’est non seulement accaparée des terres attribuées aux jeunes mais aussi 100ha de mise en défant de plus de 5 ans du programme de biodiversité ,une foret de grands acacia de baobab avec la compliciré de l’adminisration et de l’ancien PCR

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