L’accaparement de terres: Un fait bien réel au pays des Eléphants

Image wikipedia

La situation des acquisitions massives de terre est une réalité en Côte d’Ivoire. Ces dernières années, l’on estime à plus de 1.000.000 ha accaparés. Ces terres sont réparties sur l’ensemble du territoire en zone de forêt ainsi qu’en zone de savane.

Acquisition, accaparement, cession, ce vocable, associé à « terre » est utilisé par les ONG et les chercheurs pour mettre en évidence le phénomène qui consiste en une mainmise des grandes entreprises sur de grandes étendues de terres.

Tableau : Investissements privés dans le cadre de coopération entre la Côte d’Ivoire et le G8
Noms des entreprises Pays de provenance et de filiales Montant de l’investissement (en million de US$) Superficie acquise ou prévue Zone d’implantation
Olam Singapour 50 Inconnue Information non connue
Louis Dreyfus (/SDTM Côte d’Ivoire, Liban, France 60 100,000-200,000 ha Nord du pays
(régions du Poro, de la Bagoué et du Tchologo)

Groupe Mimran France 230 182000 ha Sud
(Entre Tiassalé et Grand Lahou, le long du Fleuve Bandama)
Cevital Algérie 150 300000 ha Nord-Est
Région du Bounkani
Groupe CIC Suisse 30 Inconnue Sud-Ouest Région du Haut Sassandra, Gôh
Export Trading Group Singapour 38 Inconnue Information non connue
Novel Group Suisse 95 15000 ha Information non connue
Sud Industries SA Côte d’Ivoire 150 Inconnue Nord
Source : http://feedthefuture.gov

Les acteurs en présence
Les acteurs de l’accaparement des terres en Côte d’Ivoire sont presqu’essentiellement des multinationales venant des pays tels que la Chine, l’Inde, les Etats du Golfe, l’Europe, la Corée du Sud, le Brésil, le Japon et la Libye. Ils bénéficient tous du soutien et de l’aide de l’Etat dans leur quête de terres exploitables.

Les raisons d’un acharnement sur les terres

La ruée vers les terres est stimulée par le marché de l’agro-business. En effet, ses investisseurs sont dans le domaine agricole dans la majorité des cas. Ils privilégient l’Afrique, en particulier la Côte d’ivoire, du fait d’une relative légèreté sur le plan juridique et d’une volonté de la part de l’Etat à faciliter l’installation des investisseurs. Il faut noter que la saturation des terres en Asie ainsi que les difficultés législatives sont pour beaucoup dans cette ruée vers les terres en Afrique.

Les différentes spéculations et domaines

Le domaine de l’agriculture est le principal secteur de l’accaparement. Les spéculations telles que l’huile de palme, l’hévéa, le riz sont les principales monocultures en cause. Il y a également des projets d’expansion de plantation au niveau du secteur de la canne à sucre.
Nous notons également le domaine minier qui de plus en plus se développe en Côte d’Ivoire. Plusieurs permis d’exploration et d’exploitation ont été délivrés ces dernières années. Elles concernent dans la majorité des cas l’exploitation de l’or.

Proposition de lutte contre le phénomène et aide aux populations

Afin de maîtriser le phénomène de l’accaparement de terres et mettre fin et/ou anticiper sur le phénomène de « paysans sans terres », il faut en premier une prise de conscience générale de la situation par tous les acteurs. Par la suite, il serait important d’observer et d’appliquer certaines recommandations ci-dessous qui permettront de venir en aide aux populations victimes de manière générale.

Ces recommandations vont à l’endroit de l’ensemble des parties prenantes que sont les populations, l’Etat, les ONG et même les « accapareurs ». Il s’agit de :
 Envisager une réforme de la loi foncière de manière à la rendre plus inclusive en garantissant le droit d’accès aux femmes et la protection des communautés locales.
 Adopter le principe du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) comme moyens d’acquisition légale et conventionnel des terres.
 Imposer des clauses de révision en cas de non-respect des contrats de concession des terres.
 Exiger la publication des contrats de concession ainsi que la transparence dans les transactions.
 Signaler systématiquement tous les actes d’achats de terres aux ONG locales, nationales et internationales et autres structures de lutte contre le phénomène d’accaparement des terres.
 Former les organisations de la société civile et autres acteurs à une bonne compréhension des textes de loi sur la gestion du foncier en Côte d’Ivoire.
 Elaborer des plaidoyers pour l’amélioration de la gouvernance foncière.

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